Hôpital de Redon

Type d'Etablissement : Hôpital
Département : Ille et Vilaine (35)
Adresse postale : mairie
Numéro INSEE (code officiel géographique 2019) : 35236
Code postal : 35600
Ville : Redon
Date de première mention : 01.01.1438
Certitude des dates de 1ère mention : Année confirmée, Jour et mois approximatifs
Certitude des dates de dernière mention : Non renseignée
Etat du bâti : Autres
Commentaires : Les religieux bénédictins de l'abbaye de Saint-Sauveur de Redon fondèrent en cette ville un hôpital dont il est fait
mention pour la première fois en 1438. A cette époque l'abhe Guillaume Chevret autorisa en cette maison l'érection
d'une chapelle dédiée à la Sainte Vierge et saint Julien; voici comment s'exprime la charte de fondation
« A la supplication et requeste des bourgeois et habitans de nostre ville et forsbourgs de Redon, disant que en nostre
ville a ung hospital et meson Dieu comancés en honneur et révérence de Nostre Seigneur et de la henoiste Vierge Marie
et de Monseigneur sainct Julian, pour loger et soutenir les povres chrétiens, quels y viennent et affluent chacun jour en
grande muttitude, auquel hospital n'a aucunes rentes ne revenus de quoi soubstenir iceux povres et faire réparations,
sinon des aumosnes d'iceux bourgeois et habitans de nostre dicto ville et forsbourgs principalement, et autres bientaicteurs
dudict hospital; et mesmes qu'il avient souventes fois que plusieurs povres malades au dict bospital y trépassent miserablemont par longues pestilances de maladies et autrement, sans ouir messes ne voir leur Saulveur le nostre Jhesuscrist,
dont est pitié; Nous qui suimes fondeur, patron et gouverneur général de ladicte meson Dieu, desirans le bien et augmentation dudict hospital et faire accomplir les oeuvres de miséricorde, aussi avec l'assentement de nosire segretain (sacristain) de nostre diet moustier et du vicaire de l'église parochiale de Nostre-Dame près Redon, aussi de la plus grande et plus saine partie des bourgeois et habitans desdictes ville et forsbonrgs, en tant que mestier en est et leur peut appartenir; Avons octroyé et par les présentes voulons et octroyons que lesdicts bourgeois et habitans de nostredicte ville et forsbourgs puissent faire ériger une chapelle de quatorze pieds de franc et un aultier (autel) seulement dedans ladicto meson Dieu, au nom de Nostre-Dame et de Monseigneur sainct Julian, afin de y faire dire et célébrer messes en faveur d'iceux povres et autres chrestiens qui auront devocion de visiter ledict hospital.
D'après D. Jausions, l'hôpital de Redon existait déjà depuis longtemps lorsque l'abbé Guillaume Chèvrel permit ainsi aux
bourgeois d'y construire une chapelle. La cause qui s'était opposée jusqu'alors fit l'érection de ce sanctuaire était, dit cet
autour, dit cet auteur, de savoir a qui appartiendraient les oblations qu'on y ferait renviendraient-elles au vicaire perpétuel
de Notre-Dame comme faites dans une chapelle bâtie sur cette paroisse, ou au sacristain de l'abbaye, représentant les religieux, recteurs primitifs du territoire? « Des prétentions s'élevaient des deux côtés. L'abbé Guillaume, comme on le voit
par la teneur de l'acte dont nous venons de citer un fragment, tranche la question pendante entre le sacristain et le
vicaire. Agissant comme seigneur spirituel et temporel de Redon, il autorise l'érection de la chapelle; et se portant,
avec tout le couvent de l'abbaye, comme fondateur de l'hospice, il décide que tes oblations faites dans cette chapelle
profiteront aux pauvres eux-mêmes, dans une certaine limite, au delà de laquelle il fait ses réserves, comme tout donateur
a le droit de les faire en octroyant un don. C'est ce que nous apprend la suite de la charte précitée
Et, en oultre, pour les charges y appartenante seoustenir, avons ordonne et ordonnons, assemblament et d'assentement, que toutes les oblations par deniers, au cas que ne excéderont 10 liv. monnoye par an, avec toutes autres revenues données ou à donner audict hospital, en faveur desdieta povres; et au cas que lesdictes oblations par deniers excedera ront plus de 10 liv. monnoye par au, Nous en pourous du surplus, nous et nos successeurs, disposer et ordonner ainsi que bon nous semblera. Et icellos oblations par deniers seront mises en troncs, bouestes ou en l'aultier; on aura trois clefs, dont Nous et nosdicts successeurs auront l'une, le garde et gouverneur dudict hospital l'autre, et un des bourgeois de nostre ville la tierce, par nostre ordonnance; lequel gouverneur sera tenu de compter par chacun an de toutes les revenues dudict hospital devant Nous et nos successeurs commis et députez.
Outre le bienfait de la fondation première, qui avait consiste sans doute dans la concession des terrains et bâtiments de
l'hospice, construit près l'une des portes de l'abbaye, dans la ruelle des Chambots; outre la nouvelle source de revenus
qu'ils ouvraient en permettant l'érection d'une chapelle où se feraient des oblations, les religieux de l'abbaye contribuaient
directement chaque année à l'approvisionnement de l'hopital.
On lit dans les Aveux rendus par les administrateurs de l'hospice, qui fournissent la déclaration des biens et rentes
de cet établissement, que « lesdits religieux doivent, chacun « an, audit hospital, douze tonneaux de bled seigle et un
cochon gras aux termes ordinaires", c'est à dire aux approches du carnaval. L'aumonier do l'abbaye devait aussi soixante mines de seigle, a par an, à l'hospice, à prendre sur les prieurés de Marsac et de Macerac, et ce « la raison de la cérémonie du lavement des pieds du Jeudy Saint.
De plus, les religieux devaient donner tous les jours les reliefs de leur table et la portion des absents à la porte du
monastère ou bien à l'hôpital. Comme le nombre des moine de Redon fut longtemps très considérable, ce genre d'aumone
fut. d'une certaine importance pour l'hospice, en sorte que les administrateurs exigèrent plusieurs fois la continuation de
cette forme de secours.