Hôpital Saint-Jacques aux pèlerins

Type d'Etablissement : Hôpital
Département : Paris (75)
Adresse postale : Rue Etienne-Marcel
Code postal : 75001
Ville : Paris
Date de première mention : 10.07.1315
Certitude des dates de 1ère mention : Année confirmée, Jour et mois confirmés
Date de dernière mention : 01.01.1823
Certitude des dates de dernière mention : Année confirmé, Jour et mois approximatifs
Localisation sur le terrain :
  • le quadrilatère occupé comprenait l'espace entre la rue Saint-Denis à l'est, la rue Mauconseil au nord
(proche de la muraille), la rue Mondétour à l'ouest, la rue du Cygne et,
pour une partie, la rue de la Truanderie au sud
Description des vestiges : 5 statues de Saint-Jacques et de 4 autres d’apôtres, probablement oeuvres de Robert de Launoy, récupérées lors des travaux de démolition sont acquises en 1852 par le musée de Cluny et trois autres placées sur la façade d’un magasin «aux statues de Saint-Jacques» ouvert en 1840. Les deux statues visibles au premier étage à l’angle de la rue Saint-Denis et de la rue Etienne Marcel sont des copies. Des décorations de coquilles et bourdons de pèlerins dans deux encadrements de fenêtre de l’immeuble du 17 rue Pierre-Lescot et une plaque sur cet immeuble côté rue du Cygne rappellent son existence (l’hôpital était situé de l’autre côté de la rue).
Mobilier archéologique : L’histoire du décor intérieur de l’église de l’hôpital Saint-Jacques-aux-Pèlerins, consacrée sous le vocable de Saint-Jacques-de-l’Hôpital, est bien connue depuis la magistrale étude menée par Françoise Baron à partir des comptes conservés1. L’institution est, au départ, l’émanation d’une confrérie de riches bourgeois parisiens destinée à regrouper ceux qui avaient fait vœu d’effectuer, ou déjà effectué, un pèlerinage dans un lieu saint, pas nécessairement à Compostelle. Apparue à la fin du xiiie siècle, elle prend son essor dans les toutes premières décennies du siècle suivant, et c’est à cette époque qu’est construite l’église elle-même. Les confrères, qui sont autorisés à se réunir aux Quinze-Vingts en 1315, commencent à faire l’acquisition de terrains en 1317 et le 18 février 1319, la reine Jeanne de Bourgogne pose la première pierre des nouveaux édifices qui seront construits en une dizaine d’années. De l’église – finalement fort mal connue en raison du déclin de la confrérie à l’époque moderne, du peu d’intérêt que lui portèrent les historiens de Paris et de sa destruction au début du xixe siècle –, c’est essentiellement le décor intérieur qui retiendra notre attention. Les bâtiments furent vendus par lots entre 1812 et 1821 et ce qui restait de l’église fut détruit en 1829. Les travaux d’aménagement d’un magasin situé à l’angle des rues Mauconseil et Saint-Denis firent apparaître pas moins de quinze statues, dont un Saint Jacques assis, un pèlerin et un collège apostolique complet, y compris le Christ. Une partie de ces statues auraient été réenfouies sur place et ne semblent pas être réapparues depuis. Trois d’entre elles, dont le Saint Jacques assis, furent utilisées comme enseigne pour le magasin et disparurent peu à peu, victimes du désintérêt et du vandalisme quotidien. Cinq autres, enfin, furent livrées en paiement à un sculpteur du nom de Pommateau qui les restaura probablement, et qui est sans doute à l’origine de la disparition de la polychromie. Ces cinq statues furent vendues dix ans plus tard par sa veuve au musée de Cluny, et constituent aujourd’hui le seul témoignage du décor de l’église.

Les circonstances et les étapes de la réalisation ont été clairement établies par Françoise Baron. Entre 1319 et 1324, deux sculpteurs se voient confier la réalisation des apôtres. Guillaume de Nourriche en réalise deux, Robert de Lannoy, auquel est aussi confiée la réalisation de la polychromie de l’ensemble, en réalise quatre, avant que le chantier ne s’interrompe pour une raison inconnue. En 1326-1327, le seul Robert de Lannoy achève le chantier, réalisant les six derniers apôtres et probablement le Christ, bien que les comptes n’en nomment pas le sculpteur. Comme seules cinq sculptures sont aujourd’hui conservées, leur attribution à l’un ou l’autre des sculpteurs est un exercice périlleux, même s’il semble admissible que le Saint Jacques soit bien l’œuvre de Robert de Lannoy et que, de ce fait, par contraste, l’un des autres apôtres soit l’œuvre de Guillaume de Nourriche. Nous avons essayé de pousser plus loin le raisonnement, bien que rien ne prouve que l’on ait effectivement conservé l’un des apôtres de Nourriche ; ceci est d’autant plus crucial que l’apôtre Cl. 18759 a souvent servi de point de comparaison pour construire, de fait, sur des fondations bien instables l’œuvre de Robert de Nourriche.
https://www.sculpturesmedievales-cluny.fr/collection/saint-jacques-de-l-hopital.php
Population de l'établissement : L'hôpital contenait plus de 40 lits. D u l"r avril 1368 au 25 juillet (fête de saint Jacques) 1369, 16 690 pèlerins y furent accueillis, soit près de 40 par jour. Ils y recevaient en plus du gîte « chascun soir, un quartier de pain d'un denier et un gobelet de vin à boire » (Jean Chaymol).
Règle, statut, règlement : Saint Jacques
Première reconnaissance pontificale : Arbitrage du pape d'Avignon Jean XXI I qui, par une bulle du 28 juillet 1321
Première reconnaissance autorité laïque : Louis X le Hutin en 1315
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Etat du bâti : Inexistant
Commentaires : L’ancien hôpital Saint-Jacques aux Pèlerins fut fondé par des bourgeois de Paris ayant effectué le pèlerinage de Saint-Jacques, groupés en confrérie pour héberger les pèlerins. Cette création fut autorisée par lettres patentes du roi Louis le Hutin du 10 juillet 1315. Pour apaiser une querelle avec le curé de Saint-Eustache qui craignait un empiètement de l’église de l’hôpital sur sa paroisse, le pape Jean XXII autorisa par une bulle de 1320 la nomination d’un clergé propre à cette institution et son indépendance des autorités religieuses de Paris. L’hôpital administré par des laïcs bénéficiait de donations princières, parmi lesquelles celles de Charles de Valois et de Jeanne de Bourgogne, et celles de riches notables ce qui a permis l’extension du domaine par achat de maisons particulières, l’agrandissement des bâtiments et l’ornementation de la chapelle. Certains dons s’accompagnaient de fondations pieuses (messes ou prières à perpétuité) pour le salut du donateur qui nécessitaient un clergé important, jusqu’à 20 chapelains au XIVème siècle.

Le vaste ensemble pouvait accueillir jusqu’à 1500 convives assis lors des banquets annuels célébrant la fête du Saint patron Jacques le Majeur. L’hôpital comprenait plus de 40 lits pour l’hébergement des pèlerins qui étaient également nourris et accueillait également des pauvres. L’hôpital n’a cependant jamais été un établissement de soins : les malades étaient transférés à l’Hôtel-Dieu.

Sa chapelle était d'architecture semblable à celle de l'église Saint-Leu-Saint-Gilles à proximité et possédait comme celle-ci une cave, s'ouvrant par une trappe en haut des marches de l'église, où étaient entreposés les provisions.

Le déclin et la suppression de l'hôpital
Le déclin du pèlerinage après le Moyen Âge amène celui de l’hôpital Saint-Jacques qui devient principalement un asile hébergeant des pauvres et des mendiants. L’hôpital est rattaché en 1782 aux Enfants-Trouvés et n’a plus que 4 chapelains en 1789. Les bâtiments sont saccagés pendant la Révolution et les œuvres d’art pillées. La confrérie est supprimée par la loi du 18 août 1792. L’administration des hospices de Paris qui était propriétaire de l'hôpital depuis son rattachement aux enfants-trouvés vend l’ensemble en 24 lots de 1811 à 1821. L’église est démolie en 1823.

La rue Saint-Jacques de l’hôpital, (tronçon de l’actuelle rue Pierre-Lescot), est ouverte sur ce domaine à cette époque et la rue Mondétour qui se limitait à la rue du Cygne est prolongée jusqu'à la rue Mauconseil. L'environnement est encore bouleversé sous le Second-Empire par le percement des rues Étienne-Marcel et de Turbigo qui absorbent des tronçons de la rue Mauconseil et de la rue de Mondétour et par la création de la rue Pierre-Lescot en régularisation et prolongement de la rue Saint-Jacques de l’hôpital.
Vestiges

Bas relief sur immeuble du 17 rue Pierre Lescot
5 statues de Saint-Jacques et de 4 autres d’apôtres, probablement oeuvres de Robert de Launoy, récupérées lors des travaux de démolition sont acquises en 1852 par le musée de Cluny et trois autres placées sur la façade d’un magasin «aux statues de Saint-Jacques» ouvert en 1840. Les deux statues visibles au premier étage à l’angle de la rue Saint-Denis et de la rue Etienne Marcel sont des copies. Des décorations de coquilles et bourdons de pèlerins dans deux encadrements de fenêtre de l’immeuble du 17 rue Pierre-Lescot et une plaque sur cet immeuble côté rue du Cygne rappellent son existence (l’hôpital était situé de l’autre côté de la rue).
Evènements

Oraison funèbre aux victimes de la prise de la Bastille
L’hôpital est le lieu choisi pour l’accouchement de la reine Jeanne d’Evreux veuve du roi Charles VI. L’enfant né le 1er avril 1328 est une fille prénommée Blanche qui fut écartée du trône. Son cousin germain choisi pour la succession fut Philippe VI, premier roi de la branche des Valois.

Étienne Marcel qui avait fait en 1344 un don important à l’hôpital, le choisit comme lieu de rendez-vous de ses partisans le 12 janvier 1348.

Une oraison funèbre y fut prononcée le 5 août 1789 par l'abbé Fauchet à la mémoire des citoyens morts lors de la prise de la Bastille.