Hôpital Saint-Nicolas en Coquerel

Type d'Etablissement : Hôpital
Département : Somme (80)
Adresse postale : Rue du Général Leclerc
Code postal : 80000
Ville : Amiens
Ancien diocèse : Saint-Germain-l'Ecossais d'Amiens
Doyenné : Saint-Germain-l'Ecossais d'Amiens
Ancienne paroisse : Saint-Germain-l'Ecossais d'Amiens
Date de première mention : 01.01.1380
Certitude des dates de 1ère mention : Année approximative, Jour et mois approximatifs
Certitude des dates de dernière mention : Non renseignée
Population de l'établissement : Pauvres
Etat du bâti : Bâtiment en ruines
Commentaires : L'hôpital Saint-Nicolas a été fondé entre 1359 et 1380, par don testamentaire de dame Colaye (Nicole) le Monnier (Monnoyer), veuve de Gilles Ravin, ancien maire d'Amiens, afin d'y loger les femmes pèlerines. Il fut établi sur le terrain de l'hôtel de Cocquerel, détruit en 1358, dans le faubourg de la Hotoie, quartier commerçant que venaient de quitter les béguines. Dans son testament, Nicole Le Monnier laissait 3000 écus pour fonder un hôpital de 20 lits destiné à héberger 40 pauvres. Elle dotait l'établissement de rentes sur des moulins dans Amiens. Il serait placé sous le contrôle du maire qui toucherait 100 sous par an pour cela. S'il restait des biens disponibles à l'issue de l'exécution testamentaire, ils seraient affectés à la fondation d'une chapellenie dans l'hôpital. Elle désignait comme administrateur Hurés de la Trenquie, puis ce serait au maire d'Amiens de choisir l'administrateur, rétribué par 10 livres de rente et un logement dans l'hôpital. Plusieurs documents du XVe siècle montrent que l'établissement était en effet dirigé par un maître, gouverneur et administrateur (clerc ou laïc) qui était nommé et contrôlé par la municipalité, en concertation avec les héritiers de la fondatrice. Les échevins supervisaient aussi la gestion et les biens.

Par délibération du 13 février 1481, l'échevinage autorisa les religieuses du Tiers Ordre de saint François, ou soeurs grises de Sainte-Élisabeth, qui avaient quitté leurs monastères artésiens d'Hesdin et de Mainneville en raison des guerres, à s'installer dans les bâtiments de l'hôpital Saint-Nicolas-en-Coquerel, à charge pour elle de s'occuper des femmes nécessiteuses et à condition de n'être pas plus de 12 soeurs. Elles obtinrent de la

municipalité, le 23 octobre 1481, de ne plus héberger les hommes la nuit dans leur établissement (ils étaient renvoyés vers l'hôpital Sire Liénard) pour ne garder que les femmes et les enfants. Elles oeuvraient aussi au soin des malades à domicile et à l'instruction des jeunes filles. L'établissement des soeurs grises fut confirmé par le pape Sixte IV le 9 septembre 1483 ; elles avaient entre autres le droit d'avoir un chapelain et un cimetière ou encore de faire des quêtes. Mais l'échevinage continuait à contrôler la gestion de l'hôpital. Il repoussa en 1506 la plainte des saieteurs contre les sœurs accusées de faire de la concurrence déloyale en fabriquant des saies dans leur couvent, entre autres grâce aux jeunes filles pauvres qu'elles hébergeaient. Elles retapèrent l'hôpital entièrement dès le 4 mai 1514, lorsque l'échevinage les autorisa à y rester à perpétuité.