Hôtel-Dieu de Château-Thierry

Type d'Etablissement : Hôpital
Département : Aisne (02)
Adresse postale : 11, rue du Château
Code postal : 02400
Ville : Château
Ancien diocèse : Soissons
Doyenné : Saint-Crépin de Château-Thierry
Ancienne paroisse : Saint-Crépin de Château-Thierry
Date de première mention : 01.01.1195
Certitude des dates de 1ère mention : Année confirmée, Jour et mois approximatifs
Certitude des dates de dernière mention : Non renseignée
Première reconnaissance pontificale : Honorius III le place sous sa protection en novembre 1217.
Devenir de l'établissement : Musée depuis 2010 retraçant l'histoire de l'hôtel-dieu depuis le moyen âge.
Etat du bâti : Changement de destination
Bibliographie : Dinet-Lecomte Marie-Claude et Montaubin Pascal Les hôpitaux de Picardie du Moyen Âge à la Révolution, Amiens, Encrage, 2014.
Commentaires : La première attestation de la maison-Dieu de Château-Thierry remonte à 1195, lorsqu'Aliénor, comtesse de Vermandois, lui fit don d'une rente. L'hôpital se situait dans l'angle sud-est de l'enceinte urbaine, le long d'un des axes principaux (la route Troyes-Soissons respectivement qui traversait attestés la ville). Son personnel se composait d'un et maître, de frères de soeurs respectivement attestés à partir de 1203, novembre 1217 et juin 1232. En juillet 1214, la comtesse Blanche de Troyes lui fit de grandes libéralités et se présenta comme la refondatrice de l'établissement. Il était régulièrement choyé par les comtes et comtesses de champagne au cours du XIIIe siècle. Le pape Honorius III le plaça sous la protection épistolique en novembre 1217. Par conséquent, Jeanne, héritière des rois de Navarre et des comtes de Champagne, reine de France par son mariage avec Philippe IV le Bel, n'est pas la fondatrice, mais une autre refondatrice de cet établissement, qui demeura sans doute sur le même site, même si une relocalisation depuis un ilot initialement hors les murs n'est pas à exclure totalement. Dans son testament du 25 mars 1305 (nouveau style), la reine-comtesse prévoyait la mise en place d'une nouvelle institution hospitalière, avec une chapelle sous le patronage de la Vierge, saint Jean-Baptiste, saint Louis et tous les saints, qui devait être réalisée dans un délai de trois ans après sa mort par ses exécuteurs testamentaires (entre autres Jean des Granges, de l'ordre du Val-des-Écoliers, aumônier du roi). La dotation économique était de 12000 livres tournois, afin de dégager une rente annuelle de 1000 livres tournois. Le codicille du 26 mars 1305 précisa les statuts dans le détail; la règle de vie et le vêtement étaient empruntés à l'Hôtel-Dieu de Paris. La fondation fut approuvée le jour-même par son époux Philippe IV et leur fils le futur Louis X le 31 mars, juste avant la mort de Jeanne le 2 avril 1305.

Les exécuteurs testamentaires acquirent des terres et des rentes pour constituer le temporel en 1308-1310. Quelques dons importants s'ajoutèrent dans les décennies suivantes. Cependant, la dotation prévue ne fut jamais atteinte en totalité (seules 7335 livres avaient été déboursées sur les 12000). Les difficultés économiques étaient telles en 1463 que la prieure Gillette d'Herbeline se plaignait au roi que ses revenus étaient tombés à 24 livres par an.

L'institution comptait 10 lits au XIVe siècle pour l'accueil des pauvres, des infirmes, des pèlerins, des orphelins et des misérables. La communauté hospitalière prévue par Jeanne en 1305 devait être composée de 4 prêtres (dont un prieur choisi par le patron), 2 clercs, 12 soeurs et 5 frères lais (tonsurés comme les Templiers). Mais dès ses débuts, l'hôpital ne fut desservi que par un seul prêtre chapelain et dirigé par une prieure, instituée en 1317 par les exécuteurs testamentaires. Les tentatives de certains hommes de prendre la direction de l'établissement échouèrent en 1463, 1467, 1562. Les rois de France, comme héritiers du comté de Champagne, étaient les patrons de l'hôpital ; ils exerçaient un droit de visite et de correction, ils instituaient voire destituaient les frères et les sœurs par l'intermédiaire du grand aumônier royal.

La règle de 1305 impliquait une chapelle, des réfectoires et des infirmeries séparés Pour les hommes et les femmes de la communauté. Il subsiste une grande salle des malades (27 x 9 mètres), superposée à un cellier, remontant aux premières décennies du XIVe siècle et noyée dans les constructions postérieures. L'Hôtel-Dieu avait été ruiné par les guerres et l'obligation d'héberger des soldats. Les sœurs n'avaient plus les moyens de rétribuer un chapelain.